Débat relancé autour de la santé des mannequins

Le Conseil de la mode britannique (British Fashion Council) a annoncé mercredi 13 août qu’il ne sera pas exigé de certificats médicaux aux mannequins participant à la prochaine Semaine de la Mode de Londres, programmée du 14 au 19 septembre prochains. L’imposition de ces certificats devait permettre de lutter contre l’anorexie des mannequins, qui fait débat depuis plusieurs années.

Les autorités espagnoles, mais aussi italiennes et américaines ont en revanche pris des mesures pour protéger la santé des mannequins. En France, après signature d’une Charte à ce sujet, le suivi médical des mannequins devrait être mieux assuré.

L’Espagne est le pays à avoir pris les décisions les plus fermes. Désormais, les mannequins ayant un indice de masse corporelle inférieur à 18, c’est-à-dire pesant moins de 55 kg pour 1,75 m, n’ont plus le droit de défiler. Autre mesure forte, les devantures de magasins ne doivent plus présenter de vêtements de taille inférieure à 38. Suite à  ces mesures, trois mannequins britanniques ont par exemple été écartées du calendrier des défilés de la Pasarela Cibeles (semaine des défilés de Madrid), en début d’année.

A Milan, les mannequins doivent fournir un certificat médical récent pour défiler. A New York, les mesures ne sont qu’incitatives, mais un « code de conduite » à l’attention des participants aux défilés new-yorkais a tout de même été créé. Celui-ci conseille de ne pas faire défiler des mannequins de moins de 16 ans, et aide les acteurs du secteur à  reconnaître les signes précoces de troubles alimentaires.

En France, une « Charte sur l’image du corps et contre l’anorexie » a été signée au mois d’avril dernier par les professionnels de la mode, de la publicité et des médias, concernés de près par cette question. Le bureau de Vérification de la publicité, la Fédération française du prêt-à-porter féminin, mais aussi la Fédération de la Couture, ont fait partie des signataires.

La charte est issue des travaux de la commission « Image et corps », co-présidée par le pédopsychiatre Marcel Rufo et le sociologue Jean-Pierre Poulain. Elle prévoit une « sensibilisation du public à  l’acceptation de la diversité corporelle », que ce soit dans le domaine de la publicité, de la mode, ou de la presse magazine.

Dans le domaine de la mode et de la création en particulier, une campagne de communication et d’information sera développée « auprès des services de médecine du travail sur les risques liés à  l’extrême maigreur ». Le suivi médical des mannequins, et notamment des mineurs de 16 ans, sera renforcé.

En revanche, contrairement à ce qui a été décidé en Espagne et en Italie, aucun indice de masse corporel minimum n’a été établi pour les mannequins.

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